Gaz de schiste : Arthus-Bertrand et la fondation Goodplanet au secours du débat ou de la pensée fossile ?

Publié: 4 octobre 2014 dans énergie climat, forage d'hydrocarbures, gaz de houille, gaz de schiste
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(!) Info minute – Revue de Presse

La Fondation Goodplanet créée par le photographe Yann Arthus-Bertrand et reconnue d’utilité publique vole-t-elle au secours de l’industrie engagée dans la promotion et le développement de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures extrêmes ? Cette fondation qui souhaite « mettre l’écologie au cœur des consciences et susciter l’envie d’agir concrètement » publie dans quelques jours un livre intitulé « Gaz de schiste, le vrai du faux ».

Nous ne ferons pas la critique d’un livre que nous n’avons pas lu. Nous noterons simplement deux choses :

1. La Fondation Goodplanet dépend de « partenaires et mécènes » tels que BNP Paribas (grand financeur de la recherche de gaz de schiste dans le monde), Antargaz (Premier distributeur de gaz bouteille en France), Vallourec (Leader mondial des solutions tubulaires – leader sur le marché des forages horizontaux pour l’exploitation des gaz de schiste), Veolia (Entreprise engagée dans le marché du traitement de l’eau de reflux de fracturation).

goodplanet partenaires et mecenes

2. La Fondation Goodplanet annonce dans la promotion de son ouvrage que « si le lobby pétrolier présente une version tronquée de la situation, de l’autre côté, certains militants déforment eux aussi la réalité. Les amalgames trompeurs s’ajoutent aux approximations tandis que persistent de très nombreuses inconnues ». Comme si les recherches menées ne prouvaient pas déjà la nocivité de l’exploitation de ces hydrocarbures. Comme s’il n’était pas déjà démontré que leur extraction et leur utilisation était facteur de pollution majeure avec une incidence sur la santé des populations vivant à proximité des forages. Comme s’il n’était pas déjà démontré que le méthane est un puissant gaz à effet de serre (pire que le charbon).

Arrêtons ici la litanie de « certains militants (qui) déforment eux aussi la réalité, tandis que persistent de très nombreuses inconnues ». Et posons-nous la question : Cette fondation souhaite-elle participer à la promotion de l’idée des industriels selon laquelle, le gaz de schiste serait un mal nécessaire pour faire le pont avec les énergies décarbonnées ? Veut-elle donner un petit coup d’accélérateur au massacre avant de passer au renouvelable, lorsque ça sera déjà trop tard? Ou promeut-elle un débat « indépendant »?

A ce stade, accordons-lui le bénéfice du doute et restons vigilants face à l’apparition des faux nez qui viennent faire le job de promoteurs du gaz de schiste au prétexte que « le débat n’aurait pas eu lieu ».

Rappelons aussi qu’un débat à eu lieu suite à la mobilisation populaire du printemps 2011. Qu’il s’est tenu dans les enceintes de notre démocratie pour accoucher d’une loi (très imparfaite) interdisant la fracturation hydraulique, seule technique permettant l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Rappelons toutefois que c’est en maintenant la pression que l’on pourra empêcher le pillage et l’épuisement des ressources pour ne pas laisser une planète dévastée à nos enfants. Il est de notre devoir d’empêcher l’exploitation des hydrocarbures compactés en grandes profondeurs et nécessitant des techniques polluantes, consommatrice d’eau et d’énergie et très coûteuses. Demandons plutôt l’orientation des investissements vers la recherche et le développement des solutions et énergies nouvelles et propres.

Le débat est bon. Il est nécessaire. Mais focaliser le débat sur le gaz de schiste, n’est-ce pas occuper les esprits au détriment d’autres enjeux majeurs que connaissent nos sociétés? Ne s’agit-il pas de participer au processus d’acceptation sociale tant voulu par les industriels?
commentaires
  1. Jacqueline Bonnefoy-Claudet dit :

    J’ai commencé à douter de l’engagement de Yann Arthus-Bertrand quand je suis allée voir son documentaire « Home » et que la liste des sponsors est apparue à l’écran.

  2. loverardeche dit :

    Je ne me suis jamais fait d’illusions sur l’engagement « écologique » de Yann Arthus-Bertrand, depuis longtemps vendu aux multinationales, pas plus d’ailleurs que sur Nicolas Hulot, autre vendu à l’industrie chimique, et pas des moindres ! (Rhône-Poulenc, L’Oréal, ED ou Vinci)

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