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Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici     NANTUA 16 MARS 2013    (!) Info minute revue de presse
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Messieurs les foreurs,

ayrault dit non aux gaz de schisteDans votre récente lettre au Premier Ministre vous vous inquiétez de la mise en place de la commission prévue par la loi du 13 juillet 2011. Nous tenons à vous rassurer pleinement : outre le représentant du Sénat, Michel Teston, l’Etat a désigné, par le décret 2012-385 du 21 mars 2012, 5 représentants, fonctionnaires des finances et/ou des mines. Quant à l’Assemblée nationale elle a désigné son représentant Fabrice Verdier  le 3 septembre 2012. Cette commission chargée en particulier d’émettre «un avis public sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations» est bien en train de se mettre en place.

Mais pourquoi faire ? Puisque l’OPECST sous la houlette de MM Lenoir et Bataille se prépare à émettre un rapport favorable à l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels avec, dès l’étude de faisabilité, une définition restrictive de la fracturation hydraulique qui laisse augurer de la suite : la fracturation avec n’importe quel autre fluide que l’eau sera acceptée…De quoi combler les vœux de tous ceux qui, avec notre Président de la République, laissent la porte ouverte «à d’autres techniques que la fracturation hydraulique».

Vos patrons pétroliers ne s’y sont pas trompés d’ailleurs, qui maintiennent, voire multiplient, les demandes de permis de recherche dans des zones où il n’y a pas d’hydrocarbures conventionnels : ils veulent se positionner pour attendre tranquillement que le nouveau code minier, dont ils disent bien fort qu’il devrait exclure des décisions les collectivités locales et les citoyens,  leur permette enfin d’accéder aux hydrocarbures non conventionnels.

Mais si certains de nos élus nationaux se laissent tromper par les sirènes des pétroliers, aux intérêts mercantiles desquels vous venez ajouter vos propres visées corporatistes, les citoyens et les élus de base continueront à défendre l’eau, l’air, la terre, le cadre de vie et même l’économie (quoique vous puissiez en penser !). Ils continueront à lutter pour une transition vers une consommation énergétique fondée sur la sobriété, l’efficacité et les énergies renouvelables, et dans laquelle les hydrocarbures non conventionnels n’ont pas leur place.

Et comme pour les élus qui veulent ouvrir cette boite de pandore, les citoyens n’hésiteront pas une seconde à vous traduire devant les tribunaux pour tout dégât occasionné à leur espace de vie. Un homme averti en ce troisième millénaire en vaut bien plus de deux du siècle passé…il est urgent de vous reconvertir dans les énergies renouvelables, messieurs les foreurs !

JC

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 Lettre ouverte à:

M Jean-Claude Lenoir, Sénateur de l’Orne,  Sénat                                                                                        

M Christian Bataille, Député du Nord, Assemblée Nationale

Objet : Étude de faisabilité d’un rapport de l’OPECST sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste »

Monsieur le Sénateur, Monsieur le Député,

Alors que la nation française débat sur son avenir énergétique, vous avez semble-il déjà tranché en faveur des hydrocarbures non-conventionnels. En effet, le titre de votre étude de faisabilité est éloquent puisque les conclusions sont déjà écrites. Il n’y a pour vous pas le moindre débat de société, mais simplement la question suivante: comment allons nous pouvoir extraire les gaz de schiste et autres hydrocarbures non-conventionnels dans un pays qui a selon vous interdit sans réfléchir la fracturation hydraulique?

Messieurs, vous insultez la démocratie et le peuple dont vous êtes les élus directs ou indirects. Comment expliquez-vous votre impatience ? Avez vous tellement peur des conclusions sans appel des populations de nos régions que vous méprisez et injuriez ainsi?

Messieurs, seriez vous donc sourds et aveugles? Monsieur le député, élu du peuple, n’entendez donc vous pas le peuple hurler son refus d’être sacrifié sur l’autel des intérêts de l’industrie des hydrocarbures? Monsieur le Sénateur, élu des élus, n’entendez-vous pas les maires épaulés par leurs populations vous dire leur refus de voir leur territoire saccagé? Messieurs, vous foulez au pied notre démocratie, votre mandat parlementaire ne vous donne pas carte blanche sur notre avenir.

Messieurs n’êtes vous donc pas conscients que la fracturation de la roche mère est en elle même dangereuse pour l’eau, l’air le sol et le climat car nous ne maitrisons rien? Vous n’avez aucune notion de géologie et encore moins d’hydrogéologie et prétendez rendre un rapport scientifiquement recevable sur des techniques qui bouleversent le sous-sol? Êtes vous donc omniscients?

Messieurs, n’êtes vous pas conscients du dérèglement climatique qui fait peser une terrible menace sur l’humanité toute entière? N’êtes vous pas conscient que se lancer dans l’aventure des hydrocarbures non-conventionnels empêchera nos états européens de réaliser leur transition énergétique et de décarboner leurs économies? Mais peut-être est-ce justement cela que vous souhaitez empêcher?

Messieurs, vous sacrifieriez 5 % de la surface agricole utile d’un tiers du territoire national pour construire plateformes et dessertes routière pour au mieux trois décennies de consommation de gaz?

Messieurs sacrifieriez-vous toute une économie tournée vers l’agriculture labellisée, l’industrie agroalimentaire et le tourisme? Sacrifieriez-vous des dizaines de milliers d’emplois bien réels pour des chimères? Sacrifieriez vous toute la structure sociale de nos régions du sud?

Messieurs, vous qui êtes au crépuscule de votre vie n’avez pas le droit d’entraîner toute une nation dans une nuit que vous ne verrez pas! Lorsque nous récolterons les fruits amers du désastre que vous nous souhaitez, vous ne serez plus là pour être jugés.

Messieurs, vous avez vécu et sans doute fort bien, il est temps de laisser les générations auxquelles vous avez légué les déchets nucléaires et l’angoisse du dérèglement climatique décider elle mêmes de leur avenir. Vous avez fait votre temps, ayez au moins la sagesse et l’humilité de le reconnaitre et laissez la place à ceux qui ont encore la vie devant eux.

Messieurs, vous qui semblez si sûrs de vous, soyez sûrs d’une chose, nous nous battrons et vous chasserons de nos territoires, vous et ceux que vous soutenez contre le peuple, car nous sommes le peuple.

Eric Féraille, Villeurbanne le 5 février 2013

gaspi

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Madame, Monsieur

Nous apprenons que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a donné le coup d’envoi à un rapport qui vise à évaluer les alternatives à la fracturation hydraulique pour l’extraction des gaz et huiles de roche-mère, technique qui « est une atteinte considérable à l’environnement » selon le Président de la République lui-même.

Avant d’entamer ce débat, nous vous invitons à vous demander où se situerait l’alternative : dans la « fracturation » ou dans son caractère « hydraulique » ?

Pour extraire des hydrocarbures éparpillés en gouttelettes multiples dans une roche compacte, peu poreuse et peu perméable, il ne saurait y avoir d’alternative à l’augmentation de la perméabilité de cette roche, c’est-à-dire à sa fracturation. On peut appeler cette opération fissuration, stimulation, voire massage (Christophe de Margerie –PDG de TOTAL) ou brumisation (Gérard Mestrallet – PDG de GdF-Suez), il s’agit dans tous les cas de détruire la structure de la roche en la brisant pour permettre au gaz de s’échapper par des fissures que l’on maintiendra ouvertes grâce à des additifs physiques et chimiques ! Donc définitivement pas de « gaz de schiste » ou même de « tight gas » sans fracturation.

Alors l’alternative serait dans « l’hydraulique » ? Prenant cet adjectif au sens strict, c’est-à-dire utilisant de l’eau, on nous propose d’autres fluides, essentiellement des gaz liquéfiés, propanes, hélium, gaz carbonique… Économiser les milliers de mètres cubes d’eau nécessaires à la fracturation d’un puits serait effectivement une bonne chose pour cette ressources déjà très menacée.

Mais les dangers des forages profonds remontant à l’air libre des métaux lourds, des éléments radioactifs, des gaz, des bactéries disparaîtraient-ils par enchantement ? Les risques du méthane migrant au travers des fissures créées et préexistantes et venant contaminer les nappes d’eau seraient-ils réduits ? Et les émissions de ce même méthane dans l’atmosphère diminueraient-elles ? Sans parler des inévitables additifs chimiques qui accompagneraient le nouveau fluide de fracturation et qu’on retrouverait dans les effluents…

Extraire les hydrocarbures non conventionnels sans porter atteinte au milieu naturel est un leurre : « on ne peut pas manger la confiture sans casser la gaufrette qui est autour » (Cécile Duflot). Et ce d’autant plus que ces techniques « alternatives » augmenteraient le coût d’une énergie qui n’est déjà pas rentable aux USA comme l’ont confirmé les PDG d’Exxon Mobil ou de Total.

Ce que nous attendons de vous, ce n’est pas de cautionner telle ou telle technique pour mettre d’avantage d’hydrocarbures sur le marché, mais bien d’engager notre pays dans une véritable transition énergétique, basée sur la sobriété et l’efficacité énergétiques associées au développement des énergies renouvelables. Le climat de notre planète est déjà fortement perturbé par les émissions de gaz à effet de serre et il est urgent de diminuer l’usage de tous les hydrocarbures, qu’ils soient conventionnels, de roche-mère ou de houille.

Parlementaires, élus de nos territoires, c’est à vous que les citoyens demanderont des comptes, y compris devant les tribunaux, s’ils se trouvent confrontés à des forages dont nos collectifs vous démontrent depuis deux ans l’aberration et dont ils ne veulent définitivement pas. Nous vous demandons de prendre vos responsabilités en rejetant les fausses solutions « miracles », dont le résultat serait, outre la destruction de nos cadres de vie, un frein supplémentaire à la transition énergétique actuellement en débat dans le pays.

Cette lettre des collectifs rhônalpins opposés à la recherche et l’exploitation des gaz et pétrole « de schiste »  est en cours d’envoi à l’ensemble des parlementaires (députés et sénateurs) de la Région Rhône-Alpes.